Rien à voir avec le peintre surréaliste ! Le DALY (Disability-Adjusted
Life Years) [1] en jargon OMS est l’espérance de vie corrigée
de l’incapacité. Cet indicateur intègre non seulement les décès
prématurés mais aussi les années perdues de vie en bonne santé du fait
de problèmes de santé ou d’incapacité. Certains pays comme les États-
Unis sont bien classés en espérance de vie mais relativement mal classés
en DALY
P. Sogni
La journée scientifi que PRODIGE
2012 a réuni, comme chaque
année, gastroentérologues,
oncologues, chirurgiens digestifs
et autres professionnels de santé
impliqués dans la prise en charge
des cancers digestifs. Les thèmes des
conférences étaient variés, allant de
la carcinogenèse à la pratique professionnelle de
la cancérologie digestive.
Pr Thomas Aparicio
La majorité des cancers colorectaux est favorisée par les facteurs environnementaux. Ces facteurs agiraient
par l’intermédiaire des bactéries présentes dans le côlon. Très vraisemblablement, les fonctions métaboliques
sont ainsi contrôlées par des bactéries néfastes favorisant la carcinogenèse.
I. Sobhani
La chimioprévention du cancer consiste à utiliser des agents chimiques pour prévenir ou inhiber le développement
du processus de carcinogenèse. Le sulindac, les coxibs et l’acide eicosapentaénoïque diminuent le
nombre et la taille des polypes colorectaux chez les patients atteints de polypose adénomateuse familiale.
Les coxibs et l’acide eicosapentaénoïque diminuent également la taille et le nombre des polypes duodénaux.
L’aspirine administrée à la dose de 600 mg/j diminue le nombre de cancers colorectaux au cours du
syndrome de Lynch. L’aspirine à faible dose protège la population générale contre le risque de néoplasie
colique en prévention primaire et secondaire. Son intérêt reste à démontrer, même s’il paraît probable
chez les patients à risque “standard élevé”. La dose efficace n’est pas connue mais une dose de 160 mg/j
semble à la fois efficace et moins toxique. L’usage d’une supplémentation calcique chez les sujets à risque
“standard élevé” présentant un faible apport alimentaire en calcium peut être discuté.
R. Benamouzig
» Plus la carcinose péritonéale est limitée et plus le traitement de celle-ci est efficace par la chimiothérapie
associée à l’hyperthermie : la ChIP. Il faut agir tôt.
» en cas de carcinose d’origine gastrique, des survies après thérapie multimodale associant chimiothérapie
systémique, chirurgie et ChIP ont été publiées, d’abord en Asie puis en France.
» Connaissant les situations cliniques où le risque de récidive sous forme de carcinose est élevé,
les auteurs japonais ont utilisé la ChIP de façon prophylactique lors des gastrectomies.
» Ce standard doit être évalué en France par une étude prospective.
M. Pocard
Grâce aux techniques de biologie moléculaire à haut débit (comme l’analyse du profil d’expression en microarray,
de l’ADN en CGH, et les méthodes de séquençage de l’ensemble du génome permettant l’analyse des mutations),
il est désormais possible de caractériser le génome tumoral entier. Actuellement, aucune signature
pronostique/prédictive générée sur un grand nombre de tumeurs et suffisamment validée n’est utilisable en
routine dans le cancer colorectal (CRC). Un des obstacles est le manque de standardisation des méthodes et
la faible concordance des différentes signatures publiées. Récemment, le score Oncotype DX® basé sur l’expression
de 13 gènes en RT-PCR au sein de prélèvements tumoraux fixés en paraffine est apparu comme prometteur
en tant que marqueur pronostique des CCR de stade II. Dans un futur proche, seuls des essais de phase II ou III
randomisés intégrant des signatures pronostiques/prédictives reproductibles permettront de valider l’intérêt
clinique de ces marqueurs moléculaires et de les intégrer dans la prise en charge quotidienne des patients.
V. Boige, G. Manceau, P. Laurent-Puig
Les meilleures indications du TEP-scanner au FDG en oncologie digestive sont :
– le diagnostic et le bilan préchirurgical des récidives de cancer colorectal ;
– le bilan d’extension initial des cancers de l’oesophage ;
– l’évaluation des réponses thérapeutiques, en particulier dans les tumeurs stromales traitées
par inhibiteurs de tyrosine kinase.
M. Soussan
»» Le décret du 27 janvier 2012 et l’arrêté du 23 mars 2012 (décret n° 2012-116, publié le 27 janvier 2012,
et arrêté du 23 mars 2012 : NOR:ESRS1206940A) précisent les conditions d’obtention de la validation des
acquis de l’expérience (VAE).
»» Les VAE sont indispensables pour permettre aux spécialistes prenant en charge les cancers de leur
spécialité, avec expérience mais sans DESC ni compétence ordinale, d’obtenir une équivalence de DESC1.
Dès maintenant, il faut que les médecins concernés réunissent les éléments de leur dossier de candidature.
»» Les plus jeunes souhaitant exercer la cancérologie digestive doivent continuer à s’inscrire au DESC
de cancérologie.
P. Rougier
Le partenariat PRODIGE coordonne, par l’intermédiaire de la Fédération française de cancérologie
digestive (FFCD) ou d’UNICANCER, ou participe en cas d’essai intergroupe à 17 essais cliniques en cours
dans les cancers digestifs.
S. Manfredi, T. Aparicio, A. Adenis, J. Bennouna
»» Les endoprothèses digestives sont utiles en situation palliative en cas de cancer digestif obstructif.
»» L’endoprothèse colique est une alternative à la chirurgie en urgence, et elle n’apporte un bénéfice
a priori que pour un sous-groupe de patients qui reste à définir.
»» La place de l’endoprothèse dans le cadre de la stratégie thérapeutique des cancers digestifs est encore
à définir de façon plus précise.
T. Lecomte, J.P. Barbieux
»» L’endoscopie avec NBI (Narrow Band Imaging) améliore le taux de détection précoce des cancers
oesophagiens par rapport à l’examen en lumière blanche ; une étude française est en cours pour l’évaluer
par rapport à l’endoscopie avec coloration vitale par le lugol.
»» La chimiothérapie néo-adjuvante réduit le risque de décès de 13 % par rapport à la chirurgie seule.
»» La radiochimiothérapie néo-adjuvante réduit le risque de décès de 22 % par rapport à la chirurgie seule.
»» L’apport des biothérapies n’est pas prouvé.
J.F. Seitz, E. Norguet, L. Dahan
Alors que l’incidence de l’adénocarcinome (ADK) gastrique diminue, celle de l’ADK de la jonction oesogastrique
augmente dans les pays occidentaux. Le traitement chirurgical étant le seul traitement curatif et
le taux de survie à 5 ans dépendant du stade pTNM, la prise en charge thérapeutique est un véritable
challenge pour les oncologues. Plusieurs modalités de traitement, dont la chimiothérapie systémique reste
la principale, ont été évaluées afin de diminuer les récidives et d’augmenter la survie globale. Cet article
fait le point des nouveautés en 2011 dans la prise en charge des ADK oesogastriques.
E. Samalin
Le protocole FOLFIRINOX est devenu le standard en première ligne métastatique chez les patients en bon
état général et avec une bilirubinémie normale. Ce protocole va être évalué prochainement en situation
adjuvante et en cas de maladie localement avancée.
Les niveaux d’expression intratumoraux du récepteur nucléosidique hENT1 et de la désoxycytidine kinase
(dCK) apparaissent comme des biomarqueurs prédictifs du bénéfice de la gemcitabine en adjuvant.
à moyen terme, ces biomarqueurs pourraient être utilisés pour définir le type de traitement adjuvant
optimal, gemcitabine ou 5FU.
L’alcoolisation précoce du plexus coeliaque a un intérêt dans le contrôle des douleurs solaires et est faisable
sous coelioscopie.
J.B. Bachet
Adjuvant
»» Pas de bénéfice du bévacizumab dans le traitement adjuvant d’un cancer du côlon.
»» L’ajout d’oxaliplatine à la RCT (5FU) préopératoire n’améliore pas le contrôle local du cancer du rectum
et majore la toxicité. La capécitabine peut remplacer le 5FU.
»»La RCT néo-adjuvante du cancer du rectum améliore le contrôle local mais n’améliore pas la survie.
Métastatique
»» Le panitumumab, associé au FOLFOX4, améliore les taux de réponse et la SSP des cancers du côlon
en première ligne métastatique par rapport au FOLFOX4 KRAS sauvage.
»» Une chimiothérapie séquentielle, progressivement intensifiée, est justifiée chez les patients de mauvais
pronostic (âgés, multimétastatiques et à l’état général altéré).
»» L’aflibercept (VEGF-Trap) associé au FOLFIRI améliore le pronostic des patients en échec d’une chimiothérapie
de première ligne à base d’oxaliplatine.
J.M. Phelip, N. Bouarioua, X. Coulaud