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La Lettre de l'Hépato-Gastroentérologue

Avril 2012
SOMMAIRE ÉDITORIAL OURS ARCHIVES S'ABONNER  

EDITORIAL

DALY : quel gâchis !

Rien à voir avec le peintre surréaliste ! Le DALY (Disability-Adjusted Life Years) [1] en jargon OMS est l’espérance de vie corrigée de l’incapacité. Cet indicateur intègre non seulement les décès prématurés mais aussi les années perdues de vie en bonne santé du fait de problèmes de santé ou d’incapacité. Certains pays comme les États- Unis sont bien classés en espérance de vie mais relativement mal classés en DALY
P. Sogni

AVANT-PROPOS

XXIIIe Journée scientifique FFCD-PRODIGE : Actualités en cancérologie digestive

La journée scientifi que PRODIGE 2012 a réuni, comme chaque année, gastroentérologues, oncologues, chirurgiens digestifs et autres professionnels de santé impliqués dans la prise en charge des cancers digestifs. Les thèmes des conférences étaient variés, allant de la carcinogenèse à la pratique professionnelle de la cancérologie digestive.
Pr Thomas Aparicio

DOSSIER THÉMATIQUE : XXIIIE JOURNÉE SCIENTIFIQUE FFCD-PRODIGE

Microbiote intestinal et cancer colorectal : rencontre du troisième type

La majorité des cancers colorectaux est favorisée par les facteurs environnementaux. Ces facteurs agiraient par l’intermédiaire des bactéries présentes dans le côlon. Très vraisemblablement, les fonctions métaboliques sont ainsi contrôlées par des bactéries néfastes favorisant la carcinogenèse.
I. Sobhani

Chimioprévention du cancer colorectal en 2012

La chimioprévention du cancer consiste à utiliser des agents chimiques pour prévenir ou inhiber le développement du processus de carcinogenèse. Le sulindac, les coxibs et l’acide eicosapentaénoïque diminuent le nombre et la taille des polypes colorectaux chez les patients atteints de polypose adénomateuse familiale. Les coxibs et l’acide eicosapentaénoïque diminuent également la taille et le nombre des polypes duodénaux. L’aspirine administrée à la dose de 600 mg/j diminue le nombre de cancers colorectaux au cours du syndrome de Lynch. L’aspirine à faible dose protège la population générale contre le risque de néoplasie colique en prévention primaire et secondaire. Son intérêt reste à démontrer, même s’il paraît probable chez les patients à risque “standard élevé”. La dose efficace n’est pas connue mais une dose de 160 mg/j semble à la fois efficace et moins toxique. L’usage d’une supplémentation calcique chez les sujets à risque “standard élevé” présentant un faible apport alimentaire en calcium peut être discuté.
R. Benamouzig

Rationnel pour une CHIP après résection d’un cancer de l’estomac

» Plus la carcinose péritonéale est limitée et plus le traitement de celle-ci est efficace par la chimiothérapie associée à l’hyperthermie : la ChIP. Il faut agir tôt.
» en cas de carcinose d’origine gastrique, des survies après thérapie multimodale associant chimiothérapie systémique, chirurgie et ChIP ont été publiées, d’abord en Asie puis en France.
» Connaissant les situations cliniques où le risque de récidive sous forme de carcinose est élevé, les auteurs japonais ont utilisé la ChIP de façon prophylactique lors des gastrectomies.
» Ce standard doit être évalué en France par une étude prospective.
M. Pocard

Valeur pronostique des signatures moléculaires dans les cancers colorectaux

Grâce aux techniques de biologie moléculaire à haut débit (comme l’analyse du profil d’expression en microarray, de l’ADN en CGH, et les méthodes de séquençage de l’ensemble du génome permettant l’analyse des mutations), il est désormais possible de caractériser le génome tumoral entier. Actuellement, aucune signature pronostique/prédictive générée sur un grand nombre de tumeurs et suffisamment validée n’est utilisable en routine dans le cancer colorectal (CRC). Un des obstacles est le manque de standardisation des méthodes et la faible concordance des différentes signatures publiées. Récemment, le score Oncotype DX® basé sur l’expression de 13 gènes en RT-PCR au sein de prélèvements tumoraux fixés en paraffine est apparu comme prometteur en tant que marqueur pronostique des CCR de stade II. Dans un futur proche, seuls des essais de phase II ou III randomisés intégrant des signatures pronostiques/prédictives reproductibles permettront de valider l’intérêt clinique de ces marqueurs moléculaires et de les intégrer dans la prise en charge quotidienne des patients.
V. Boige, G. Manceau, P. Laurent-Puig

Indications du TEP-scanner en pathologie tumorale digestive

Les meilleures indications du TEP-scanner au FDG en oncologie digestive sont :
– le diagnostic et le bilan préchirurgical des récidives de cancer colorectal ;
– le bilan d’extension initial des cancers de l’oesophage ;
– l’évaluation des réponses thérapeutiques, en particulier dans les tumeurs stromales traitées par inhibiteurs de tyrosine kinase.
M. Soussan

Validation des acquis de l’expérience : le point en janvier 2012

»» Le décret du 27 janvier 2012 et l’arrêté du 23 mars 2012 (décret n° 2012-116, publié le 27 janvier 2012, et arrêté du 23 mars 2012 : NOR:ESRS1206940A) précisent les conditions d’obtention de la validation des acquis de l’expérience (VAE).
»» Les VAE sont indispensables pour permettre aux spécialistes prenant en charge les cancers de leur spécialité, avec expérience mais sans DESC ni compétence ordinale, d’obtenir une équivalence de DESC1. Dès maintenant, il faut que les médecins concernés réunissent les éléments de leur dossier de candidature.
»» Les plus jeunes souhaitant exercer la cancérologie digestive doivent continuer à s’inscrire au DESC de cancérologie.
P. Rougier

Les essais thérapeutiques PRODIGE en cours

Le partenariat PRODIGE coordonne, par l’intermédiaire de la Fédération française de cancérologie digestive (FFCD) ou d’UNICANCER, ou participe en cas d’essai intergroupe à 17 essais cliniques en cours dans les cancers digestifs.
S. Manfredi, T. Aparicio, A. Adenis, J. Bennouna

Prothèses oesophagiennes et coliques : bénéfices/risques

»» Les endoprothèses digestives sont utiles en situation palliative en cas de cancer digestif obstructif.
»» L’endoprothèse colique est une alternative à la chirurgie en urgence, et elle n’apporte un bénéfice a priori que pour un sous-groupe de patients qui reste à définir.
»» La place de l’endoprothèse dans le cadre de la stratégie thérapeutique des cancers digestifs est encore à définir de façon plus précise.
T. Lecomte, J.P. Barbieux

Cancers de l’oesophage : quoi de neuf ?

»» L’endoscopie avec NBI (Narrow Band Imaging) améliore le taux de détection précoce des cancers oesophagiens par rapport à l’examen en lumière blanche ; une étude française est en cours pour l’évaluer par rapport à l’endoscopie avec coloration vitale par le lugol.
»» La chimiothérapie néo-adjuvante réduit le risque de décès de 13 % par rapport à la chirurgie seule. »» La radiochimiothérapie néo-adjuvante réduit le risque de décès de 22 % par rapport à la chirurgie seule.
»» L’apport des biothérapies n’est pas prouvé.
J.F. Seitz, E. Norguet, L. Dahan

Quoi de neuf à propos du cancer de l’estomac en 2011 ?

Alors que l’incidence de l’adénocarcinome (ADK) gastrique diminue, celle de l’ADK de la jonction oesogastrique augmente dans les pays occidentaux. Le traitement chirurgical étant le seul traitement curatif et le taux de survie à 5 ans dépendant du stade pTNM, la prise en charge thérapeutique est un véritable challenge pour les oncologues. Plusieurs modalités de traitement, dont la chimiothérapie systémique reste la principale, ont été évaluées afin de diminuer les récidives et d’augmenter la survie globale. Cet article fait le point des nouveautés en 2011 dans la prise en charge des ADK oesogastriques.
E. Samalin

Quoi de neuf dans le pancréas ?

Le protocole FOLFIRINOX est devenu le standard en première ligne métastatique chez les patients en bon état général et avec une bilirubinémie normale. Ce protocole va être évalué prochainement en situation adjuvante et en cas de maladie localement avancée. Les niveaux d’expression intratumoraux du récepteur nucléosidique hENT1 et de la désoxycytidine kinase (dCK) apparaissent comme des biomarqueurs prédictifs du bénéfice de la gemcitabine en adjuvant. à moyen terme, ces biomarqueurs pourraient être utilisés pour définir le type de traitement adjuvant optimal, gemcitabine ou 5FU. L’alcoolisation précoce du plexus coeliaque a un intérêt dans le contrôle des douleurs solaires et est faisable sous coelioscopie.
J.B. Bachet

Cancer colorectal : nouveautés

Adjuvant
»» Pas de bénéfice du bévacizumab dans le traitement adjuvant d’un cancer du côlon.
»» L’ajout d’oxaliplatine à la RCT (5FU) préopératoire n’améliore pas le contrôle local du cancer du rectum et majore la toxicité. La capécitabine peut remplacer le 5FU.
»»La RCT néo-adjuvante du cancer du rectum améliore le contrôle local mais n’améliore pas la survie.
Métastatique
»» Le panitumumab, associé au FOLFOX4, améliore les taux de réponse et la SSP des cancers du côlon en première ligne métastatique par rapport au FOLFOX4 KRAS sauvage.
»» Une chimiothérapie séquentielle, progressivement intensifiée, est justifiée chez les patients de mauvais pronostic (âgés, multimétastatiques et à l’état général altéré).
»» L’aflibercept (VEGF-Trap) associé au FOLFIRI améliore le pronostic des patients en échec d’une chimiothérapie de première ligne à base d’oxaliplatine.
J.M. Phelip, N. Bouarioua, X. Coulaud



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